Chat, email ou téléphone : arbitrer une hotline technique industrielle en 2026

7h42. Dans un atelier de mécanique de précision, une ligne de production est à l’arrêt. Le responsable maintenance appelle la hotline technique de son OEM. Tonalité. Attente. Deux minutes. Trois minutes. Pendant ce temps, un autre client appelle pour une question de paramétrage non bloquante. Un troisième envoie un email avec dix personnes en copie. Côté OEM, un seul référent technique décroche. Il ne sait pas encore si l’appel qu’il prend est critique ou non. Mais une chose est sûre : une fois au téléphone, il est engagé.
Cette scène est banale. Elle illustre une réalité vécue quotidiennement dans une hotline technique industrielle : le choix du canal de support n’est pas neutre. Il conditionne la capacité à prioriser, à diagnostiquer et, in fine, à tenir les engagements de service.
1. Pourquoi le choix du canal est devenu un enjeu stratégique
Pendant longtemps, la question ne se posait pas. Le téléphone était la norme, l’email le complément. Aujourd’hui, la pression opérationnelle, la pénurie de profils techniques et l’exigence de réactivité changent la donne.
Un canal de support n’est pas seulement un moyen de communication. C’est un outil d’allocation du temps expert – et un vecteur de capitalisation des savoirs : selon le canal, il est plus ou moins facile de produire un compte rendu, de capitaliser, et de rendre les résolutions réutilisables.
Concrètement, choisir un canal, c’est influencer 4 indicateurs que toute équipe SAV suit (ou devrait suivre) :
- Temps de première réponse (TPR) : à quel point le client se sent pris en charge rapidement.
- Taux de résolution au premier contact (FCR) : combien de demandes sont réglées sans aller-retour ni escalade inutile.
- Backlog / âge moyen des tickets : la dette de support qui s’accumule quand le flux dépasse la capacité.
- Qualité de documentation / réutilisation : la capacité à transformer une résolution en rapport, puis en procédure/FAQ (et donc à éviter que la même question revienne dix fois).
Ces KPIs ont un point commun : ils dépendent directement du coût du “temps expert” (rare, cher, difficile à scaler) et de votre capacité à le convertir en savoir actionnable (compte rendu, procédure, FAQ) plutôt qu’en connaissances perdues dans des échanges.
Un canal efficace est celui qui protège ce temps et le réserve aux cas qui en ont réellement besoin – tout en facilitant la documentation et la capitalisation.
2. Le téléphone : puissant, mais souvent aveugle avant la prise de contact
2.1. Là où le téléphone excelle
Le téléphone est extrêmement efficace dans des cas précis :
- Problématique complexe
- Forte charge émotionnelle côté client
- Urgence avérée
En interaction directe, il permet une compréhension rapide, des ajustements en temps réel et une relation humaine rassurante.
2.2. Ses limites structurelles en environnement industriel
Le téléphone présente cependant quatre limites majeures :
- Absence de priorisation en amont : à moins d’avoir un système de téléphonie avancé (type centre d’appel), avant de décrocher, impossible de juger la criticité réelle du problème.
- Engagement irréversible : une fois la communication établie, il est socialement et commercialement difficile de raccourcir l’échange.
- Productivité linéaire : un expert = un client à la fois. Aucun parallélisme possible.
- Documentation a posteriori difficile : transformer un appel en compte rendu exploitable impose de prendre des notes, puis de reconstituer le diagnostic, les tests et les actions (souvent après coup). Cela crée de la variabilité, des pertes d’information et une capitalisation limitée.
En pratique, ce travail de restitution est souvent invisible : il se fait entre deux appels, dépend de la rigueur de chaque personne, et finit par produire des comptes rendus hétérogènes (ou incomplets). Résultat : on résout, mais on capitalise peu.
À ces limites s’ajoute une contrainte souvent sous-estimée : lorsque le sujet devient très complexe, ou que les interlocuteurs n’ont pas le même niveau de technicité ou ne partagent pas la même langue, l’échange purement oral atteint vite ses limites. Sans support visuel (visio-assistance, schéma, capture, document), les incompréhensions s’accumulent et allongent le temps de résolution. Et dès qu’il y a un enjeu de langue (sites à l’international, sous-traitants, équipes multiculturelles), le téléphone oblige à mobiliser des profils bilingues ou à reformuler longuement. À l’inverse, l’écrit et le visuel se prêtent mieux à la traduction et à la relecture.
Un appel, c’est comme immobiliser un technicien sans ordre de travail : on ne sait pas quand il sera à nouveau disponible.
3. L’email : la force de la traçabilité, la faiblesse du tempo
3.1. Pourquoi l’email reste massivement utilisé
Dans les environnements professionnels, en particulier avec les grands comptes, l’email s’est imposé pour de bonnes raisons :
- Mise en copie de multiples parties prenantes
- Traçabilité
- Historique de preuves exploitable en cas de litige
C’est un outil de gouvernance autant que de support.
3.2. Les limites opérationnelles
- Asynchronisme : peu compatible avec des arrêts de production
- Charge cognitive : mails longs, fils interminables
- Priorisation implicite : tout semble urgent, sans signal clair
- Compte rendu fastidieux : transformer un fil d’emails en rapport demande de relire, trier, copier-coller, consolider les pièces jointes et reconstituer la chronologie. Entre transferts, réponses partielles et « RE: RE: », le contexte se fragmente vite.
Et surtout, l’email classique produit rarement une connaissance actionnable : une bonne résolution reste coincée dans une boîte mail, difficile à retrouver, à réutiliser, ou à transformer en procédure/FAQ sans travail supplémentaire.
L’email classique diffuse l’information, mais il ne la structure pas, et surtout, il ralentit l’action.
Cela dit, ces limites tiennent moins à l’email « en tant que tel » qu’à son usage dispersé (multiples adresses, boîtes personnelles, fils éclatés, priorités implicites). Une approche plus moderne consiste à faire de l’email un point d’entrée email via une boîte mail SAV centralisée, orchestrée comme un canal temps réel :
- Niveau 1 automatisé avec Askia Client pour qualifier et résoudre les questions fréquentes
- Escalade vers un agent humain qui travaille dans une interface type chat (ses réponses sont envoyées par email)
- Multi-interlocuteurs nativement (même bénéfice que l’email, sans perdre le fil)
- Lancement de visio quand il faut visualiser
- Génération automatique de rapports pour documenter et capitaliser
- Traduction automatique des échanges pour fluidifier les interventions multilingues
Autrement dit : on conserve les forces de l’email (multi-parties prenantes, preuve), tout en neutralisant une partie de ses faiblesses (triage, vitesse, compte rendu).
4. Le chat : l’outil d’orchestration en temps réel
Le chat et, de plus en plus, une boîte mail SAV centralisée (traitée avec les mêmes règles), sert de point d’entrée et d’aiguillage pour la hotline : on qualifie d’abord, on mobilise ensuite. Il ne remplace pas l’email quand il faut formaliser à plusieurs, ni le téléphone quand il faut un engagement total en interaction individuelle. En revanche, quand le volume monte, il permet de paralléliser, et protège la ressource la plus rare : le temps d’expertise.
Sa force tient à un triptyque simple : diagnostic rapide (messages courts + collecte guidée), priorisation (triage avant engagement), et escalade au bon moment vers la voix et surtout le visuel (photo/visio) quand la complexité l’exige. Dans une hotline OEM, cela aide aussi à gérer le multilingue : l’écrit se traduit, se relit et se partage plus facilement que l’oral.
4.1. Une culture « court et direct » qui accélère le diagnostic
Le chat est culturellement plus instantané. Les interlocuteurs s’embarrassent moins de formalités : on écrit comme on parle, mais en plus bref. Moins de récit, plus de signaux utiles. Et surtout, il rend le visuel (photos, courtes vidéos) presque réflexe, bien plus simple à partager par chat qu’à gérer par email (pièces jointes, fils, transferts, perte de contexte). Quand la langue diffère, ces éléments visuels, combinés à la traduction, réduisent fortement les malentendus.
Cette sobriété améliore le diagnostic, parce qu’elle favorise des boucles rapides de clarification :
- Le client exprime un symptôme (code défaut, étape bloquante, arrêt de ligne)
- L’expert répond par micro-questions pour qualifier (« photo ? log ? référence machine ? »)
- Le client joint une photo en un geste (écran, câblage, plaque signalétique), sans quitter le fil
- Le fil converge vite vers une hypothèse testable, ou vers une escalade
Exemple typique sur le terrain :
- Client : « Code E17 depuis 06:40, ligne arrêtée. Redémarrage OK 2 min puis rechute. »
- Expert : « Photo écran + version firmware. Capteur changé récemment ? »
- Client : « Photo envoyée. Firmware 3.2.1. Capteur remplacé hier. »
En quelques messages, le client se sent pris en charge et l’expert obtient ce qu’un appel met parfois plusieurs minutes à faire émerger.
4.2. Prioriser et arbitrer avant d’immobiliser du temps expert
Le gain décisif du chat, c’est l’arbitrage avant engagement.
Quand plusieurs demandes arrivent en même temps, le chat permet de :
- Voir immédiatement les signaux de criticité (arrêt de production, sécurité, client stratégique, incident récurrent)
- Trier les demandes sans « décrocher à l’aveugle »
- Tenir tout le monde informé : accusé de réception, ETA, demande d’éléments, consignes provisoires
Et surtout : réserver le canal voix + visio aux cas où il apporte réellement un avantage (incompréhension, urgence confirmée, coordination fine, tension relationnelle) au lieu de l’utiliser comme point d’entrée par défaut.
4.3. Productivité et parallélisme… avec un garde-fou
Contrairement au téléphone, le chat autorise le parallélisme : un référent technique peut gérer plusieurs fils, utiliser les temps morts (attente d’une photo, d’un redémarrage, d’une mesure) et éviter que les demandes « moyennes » ne bloquent les urgences.
Constat terrain
Retours terrain chez FIXEE : le chat permet de traiter plusieurs demandes en parallèle sans dégrader la qualité perçue, à condition de centraliser les conversations et d’organiser le travail d’équipe.
Attention toutefois : sans cadre, le chat peut devenir une salle d’attente sans triage. La productivité se gagne, mais elle se pilote.
4.4. Documenter, capitaliser, rendre le savoir actionnable
Dans une hotline technique, résoudre un incident n’est que la moitié du travail. L’autre moitié, c’est documenter : ce qui s’est passé, ce qui a été testé, ce qui a fonctionné, et ce qu’il faudra refaire (ou éviter) la prochaine fois.
- Au téléphone, la documentation dépend des notes et de la mémoire : on doit “réécrire” l’intervention après coup.
- Par email, l’information existe, mais elle est dispersée : extraire un compte rendu d’un fil long est chronophage.
- Par chat, le fil est déjà structuré, chronologique, enrichi de visuels. On peut plus facilement produire un rapport d’intervention exploitable, puis capitaliser.
C’est là qu’une approche outillée fait la différence : avec des fonctionnalités de génération automatique de compte rendu (comme celles proposées dans FIXEE), l’échange peut être synthétisé en un rapport clair (symptôme → diagnostic → actions → résultat → recommandations). Ce rapport devient :
- une preuve (traçabilité),
- un actif de connaissance (base de résolution, procédures, FAQ),
- et un levier d’amélioration continue (récurrence, causes racines, actions préventives).
Point d’attention : l’automatisation doit rester sous contrôle. Le bon standard est simple : l’IA propose, l’expert valide, surtout quand il y a des enjeux de sécurité, de conformité ou de confidentialité.
4.5. Les inconvénients du chat (et comment les neutraliser)
Le chat a tout de même des limites :
- Risque d’incomplétude : si le client n’envoie pas les bons éléments, on tourne en rond.
- Charge mentale : trop de conversations simultanées = fragmentation de l’attention.
- Effet “porte ouverte” sur les questions fréquentes : par commodité, le chat peut encourager des demandes simples (FAQ) qui auraient été résolues en autonomie.
- Attente d’instantanéité : certains clients s’attendent à une réponse immédiate, 24/7.
- Complexité extrême : parfois, l’écrit ne suffit plus, il faut visualiser (photo, schéma, visio-assistance) ou passer en voix.
- Contexte terrain peu compatible : sur un chantier, avec des gants, les mains prises, ou en environnement sale/sécuritaire, taper un message devient peu réaliste.
- Barrière d’expression : certaines personnes sur le terrain ne sont pas à l’aise à l’écrit (orthographe, vocabulaire technique), ce qui peut ralentir la qualification si le canal est exclusivement textuel.
Les parades sont connues et simples à mettre en place :
- Une collecte structurée dès l’entrée (machine, série, code défaut, impact, photos/logs) pour éviter les allers-retours.
- Un chatbot IA de niveau 1 (ex. Askia Client) pour accueillir sur chat comme sur email centralisé, qualifier (questions guidées), proposer des réponses issues de la base de connaissances sur les questions fréquentes, et escalader vers un référent technique dès qu’un signal de criticité ou de complexité apparaît.
- La traduction automatique des chats et des emails entrants dans la boîte mail SAV centralisée, pour que l’agent puisse répondre dans sa langue tout en laissant une trace cohérente pour le client.
- Des modèles de messages pour réduire l’écriture libre au strict nécessaire.
- Le réflexe « photo/vidéo d’abord » : une image remplace souvent dix lignes, surtout quand la langue ou le niveau de technicité diffèrent.
- La dictée vocale et/ou le message audio quand taper est impossible (gants, mains prises) ou difficile (personne sur le terrain peu à l’aise à l’écrit).
- Un seuil d’escalade clair vers rappel téléphonique ou visio-assistance dès que la compréhension stagne ou que la situation l’exige (chantier, gestes à montrer, tests guidés).
- Une fonctionnalité multi-interlocuteurs pour inclure toutes les parties prenantes clés à un échange.
- Des règles de priorisation explicites (catégories, SLA, files) et une limitation du nombre de conversations simultanées par référent technique pour protéger la qualité.
5. Tableau comparatif des canaux de support technique
Note : WhatsApp est une messagerie grand public. Utilisé “tel quel”, il peut manquer de gouvernance (routage, files, rôles), d’historisation structurée et d’intégration (ticketing/CRM). L’enjeu n’est donc pas WhatsApp en soi, mais la façon dont il est intégré : une solution de hotline technique comme FIXEE intègre WhatsApp comme canal d’entrée tout en appliquant les mêmes règles de triage, de traçabilité, de collaboration – et de documentation – que le chat.
| Critère | Téléphone | Email (classique) | Boîte mail SAV centralisée (FIXEE) | Chat (incl. WhatsApp intégré) |
|---|---|---|---|---|
| Évaluation de la criticité avant engagement | ❌ | ⚠️ | ✅ | ✅ |
| Productivité expert | Faible | Moyenne | Élevée | Élevée |
| Parallélisme | ❌ | ⚠️ | ✅ | ✅ |
| Traçabilité | Faible | Élevée | Élevée | Élevée |
| Gestion multilingue (traduction) | ❌ | ⚠️ (manuel) | ✅ (auto) | ✅ (auto) |
| Documentation / rapport d’intervention | ❌ | ⚠️ (manuel, chronophage) | ✅ (génération + validation) | ✅ (fil structuré + synthèse) |
| Capitalisation (base de connaissances / réutilisation) | ❌ | ⚠️ | ✅ | ✅ |
| Multi-interlocuteurs | ❌ | ✅ | ✅ | ✅ |
| Besoin de support visuel (photo/visio) | ⚠️ | ⚠️ | ✅ (PJ + visio) | ✅ |
| Contexte terrain (gants/bruit/mains prises) | ✅ | ⚠️ | ⚠️ | ⚠️ |
| Adapté à l’urgence | ✅ | ❌ | ⚠️ | ✅ |
| Adapté aux sujets non critiques | ❌ | ✅ | ✅ | ✅ |
| Prise en charge des FAQ (niveau 1) | ❌ | ⚠️ | ✅ (Askia Client) | ✅ (Askia Client) |
6. Tendances d’usage observées en 2026
Faute d’études publiques sectorielles consolidées sur l’industrie, les tendances observées chez les OEM et PMI industrielles reposent sur des retours terrain récents (ordres de grandeur susceptibles d’évoluer selon les secteurs et la maturité digitale).
- Email : 40 à 50 % des échanges
- Téléphone : 30 à 40 %
- Messageries instantanées (WhatsApp, chat) : 10 à 30 %, en forte croissance
- Visio-assistance : usage encore minoritaire, mais souvent décisif sur les cas très complexes (besoin de visualiser, gestes à montrer, tests guidés).
7. Comment orchestrer intelligemment les canaux
La question n’est pas de supprimer un canal, mais de les orchestrer :
- Chat comme point d’entrée par défaut (y compris WhatsApp lorsqu’il est intégré et gouverné) – ou boîte mail SAV centralisée quand vos clients ont un réflexe email fort
- Téléphone / visio réservés aux cas critiques identifiés (ou quand le contexte terrain rend l’écrit impraticable)
- Email (classique) pour la formalisation, la gouvernance et certains échanges multi-parties prenantes
L’objectif n’est pas de “forcer” un canal, mais de créer un parcours d’assistance où chaque interaction :
- qualifie la situation
- mobilise la bonne ressource
- produit une trace réutilisable.
7.1. L’arbre de décision (simple) qui évite de choisir « au feeling »
L’orchestration devient beaucoup plus facile quand elle est traduite en règles de décision. Exemple de logique simple (à adapter à vos contraintes terrain) :
- Entrée unique : le client démarre en chat (y compris via WhatsApp intégré) – ou via une boîte mail SAV centralisée quand c’est son réflexe.
- Qualification guidée (niveau 1) : collecte minimale (machine/série, symptôme, impact, photos/logs, contexte terrain).
- Triage :
- Critique (arrêt de ligne, sécurité, client stratégique) → escalade immédiate vers rappel + visio. Le chat reste le fil de traçabilité (photos, étapes, décisions).
- Important (production dégradée, incident récurrent) → résolution d’abord en chat + photos, escalade voix/visuel si la compréhension bloque.
- Non critique / FAQ → réponse en self-service (base de connaissances) ou via Askia Client (niveau 1), puis validation humaine si besoin.
- Formalisation en sortie : génération d’un rapport d’intervention (et, si nécessaire, envoi d’une synthèse par email aux parties prenantes).
L’objectif : que le téléphone devienne un outil d’escalade, pas un point d’entrée subi.
7.2. Simulation ROI paramétrique
L’intérêt du chat (et de l’email centralisé / WhatsApp intégré) se prouve vite en pilote, parce qu’il agit sur des postes mesurables : temps expert, effort de compte rendu, absorption des FAQ, et parfois réduction du temps d’arrêt.
Voici une simulation volontairement paramétrique. Vous remplacez les variables par vos chiffres.
| Variable | Signification | Votre valeur |
|---|---|---|
| D | demandes / mois | |
| p_tel | part traitée au téléphone | |
| t_tel | durée moyenne d’un appel (min) | |
| t_cr | temps moyen de compte rendu après appel (min) | |
| p_faq | part de questions fréquentes | |
| t_faq | temps moyen si traité par humain (min) | |
| r_ia | taux de résolution L1 par chatbot IA (sans escalade) | |
| Δp_tel | part d’appels évités grâce au triage chat |
1) Temps expert consommé aujourd’hui par le téléphone
Temps_tel = D × p_tel × (t_tel + t_cr)
2) Gain direct si le chat réduit les appels (triage + escalade ciblée)
Gain_appels = D × Δp_tel × (t_tel + t_cr)
3) Gain direct si l’IA absorbe une partie des FAQ
Gain_FAQ = D × p_faq × t_faq × r_ia
4) Gain “documentation” (souvent sous-estimé)
Si vous automatisez la synthèse (avec validation humaine), vous réduisez fortement le temps “invisible” passé à reconstituer les interventions. Dans FIXEE, l’enjeu est précisément de transformer l’échange en rapport exploitable puis en connaissance réutilisable.
7.3. Découvrir comment lancer un pilote (6 mois)
Si vous avez l’intuition que le chat (et WhatsApp) doit devenir votre point d’entrée, la vraie question est : comment le déployer sans déstabiliser le service ?
Chez FIXEE, on accompagne des OEM et des PMI industrielles pour concevoir un pilote sur 6 mois, avec un cadrage très concret :
- règles de triage (criticité, files, SLA) + seuils d’escalade voix/visuel
- collecte structurée (photos/logs dès l’entrée) + scripts de qualification
- intégration du canal WhatsApp dans un cadre gouverné (routage, collaboration, traçabilité)
- niveau 1 (chatbot IA) pour absorber les questions fréquentes et escalader proprement
- génération/synthèse de compte rendu pour documenter et capitaliser (base de connaissances)
- mesure des KPIs (TPR, FCR, backlog, réutilisation) pour objectiver l’impact
Conclusion : choisir le canal, c’est choisir ce que l’on protège
Dans l’industrie, le temps expert est une ressource critique – mais il n’a de valeur que s’il devient répétable. Résoudre un incident, puis le laisser s’évaporer dans un appel ou un fil d’emails, c’est comme réparer une machine sans mettre à jour la gamme : on recommence la même intervention, encore et encore.
Le chat (et WhatsApp quand il est intégré) change l’équation : il sert de tour de contrôle. Il qualifie vite, priorise, escalade quand il faut – et surtout, il transforme plus naturellement l’échange en trace exploitable (photos, étapes, décisions), donc en connaissance actionnable.
Si vous voulez passer d’un empilement de canaux à un parcours d’assistance qui protège vos urgences et capitalise vos résolutions, le plus simple est de commencer par un cadrage clair : règles de triage, seuils d’escalade, et production systématique d’un compte rendu.
Quand vous êtes prêt(e), prenons rendez-vous pour évaluer votre situation et dessiner un pilote adapté à votre réalité terrain, avec un périmètre réaliste et des critères de succès mesurables.
FAQ
Quel canal choisir pour une hotline technique industrielle OEM ?
Dans la majorité des cas, le plus efficace est d’utiliser le chat (et/ou un point d’entrée email via une boîte mail SAV centralisée) pour qualifier et prioriser avant de mobiliser du temps expert. Le téléphone et le centre d’appel restent utiles, mais surtout comme canaux d’escalade quand l’urgence est confirmée, quand la situation est émotionnelle, ou quand il faut coordonner vite. Sur les cas complexes, la visio et les photos font souvent gagner du temps en évitant les incompréhensions. L’important est d’orchestrer les canaux avec des règles claires, puis de mesurer l’impact sur vos KPI.
Comment mettre en place une boîte mail SAV centralisée comme point d’entrée email ?
Une boîte mail SAV centralisée, c’est une adresse unique qui évite la dispersion des demandes dans des boîtes personnelles et permet un dispatch contrôlé (files, rôles, niveaux N1/N2). Pour être vraiment efficace, elle doit être connectée au ticketing afin de structurer la qualification, le suivi et la traçabilité. Un niveau 1 (chatbot IA type Askia Client) peut qualifier et résoudre les questions fréquentes, puis escalader vers un agent humain si nécessaire. Enfin, la génération automatique de rapports transforme l’email en documentation exploitable et réutilisable.
WhatsApp est-il adapté à une hotline technique industrielle ?
Sur le terrain, WhatsApp est souvent le canal le plus naturel pour partager rapidement une photo ou une courte vidéo. Utilisé seul, il peut poser des questions de gouvernance (routage, historique exploitable, intégration ticketing) et de pilotage. Intégré dans une solution de hotline technique, WhatsApp peut devenir un canal d’entrée gouverné, avec triage, multi-interlocuteurs, traçabilité et reporting. L’enjeu est donc moins le canal que l’orchestration autour.
Un chatbot IA peut-il gérer le niveau 1 d’un support technique industriel ?
Oui, surtout pour les demandes fréquentes : questions d’usage, procédures, vérifications de base, collecte des informations minimales (machine, symptôme, impact, photo/log). L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais d’absorber le bruit et de qualifier proprement avant escalade. Un bon fonctionnement repose sur une base de connaissances à jour et des règles d’escalade explicites. Dans ce cadre, l’IA réduit l’effet “porte ouverte” du chat et protège le temps des référents techniques.
Quels KPI suivre pour piloter une hotline technique industrielle ?
Les incontournables sont le temps de première réponse (TPR), le taux de résolution au premier contact (FCR) et le backlog / âge moyen des tickets. Ajoutez le taux d’escalade (vers téléphone/visio), le délai moyen de résolution et la satisfaction (CSAT) si vous la mesurez. Pour la capitalisation, suivez aussi un indicateur de réutilisation : part des demandes résolues via base de connaissances ou contenus issus des rapports. Ces KPI permettent de relier directement l’orchestration des canaux au coût du temps expert et à la qualité de service.
Glossaire
Arbitrage de charge : capacité à décider où allouer le temps expert en fonction de la criticité.
Boîte mail SAV centralisée : adresse unique de support (point d’entrée email) qui centralise, priorise et trace les demandes, au lieu de les laisser se disperser dans des boîtes personnelles.
Centre d’appel : dispositif de téléphonie (ACD, files, routage) pour qualifier et distribuer les appels, souvent associé à des SLA et à des statistiques d’activité.
Chatbot IA : assistant conversationnel de niveau 1 qui accueille, qualifie, résout les questions fréquentes via une base de connaissances et escalade vers un humain si nécessaire.
Criticité : impact réel d’un incident sur la production, la sécurité ou les engagements de service.
Dispatch : action de router et d’affecter une demande (ticket, email, chat) à la bonne file, au bon niveau (N1/N2) ou au bon expert.
Escalade : transfert d’une demande vers un niveau supérieur ou un autre canal (rappel, visio) lorsque la criticité ou la complexité l’exige.
Hotline technique : service d’assistance spécialisé pour diagnostiquer et résoudre des incidents sur des équipements industriels.
KPI : indicateur clé de performance (ex. TPR, FCR, backlog) utilisé pour piloter la qualité et la capacité du support.
OEM : fabricant d’équipements d’origine, responsable du support et du SAV de ses machines chez les clients.
Parallélisme : capacité à traiter plusieurs demandes simultanément, sans bloquer les urgences.
Ticketing : système de gestion des demandes (tickets) qui structure la qualification, l’affectation, le suivi, les SLA et l’historique.
Traçabilité : conservation des échanges et des actions à des fins de suivi, de preuve et de capitalisation.
WhatsApp : canal de messagerie largement adopté sur le terrain ; intégré et gouverné, il peut servir de point d’entrée tout en conservant routage, traçabilité et reporting.



